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Le Second Empire (1852-1870)
        Fort de la légitimité absolue qui lui a été offerte par le peuple, Louis-Napoléon Bonaparte devient l'Empereur Napoléon III.

Napoléon III

I-La Politique intérieure :

        La vie politique du Second Empire se divise en deux périodes distinctes : l'Empire autoritaire et l'Empire libéral.
        L'Empire autoritaire se déroule de 1852 à 1860. Napoléon III concentre durant toute cette période les pouvoirs. Un certain nombre de libertés sont restreintes et l'opposition est inexistante. Le Régime se met en place et connaît de riches heures tant au niveau économique, où la France se modernise et fait un grand bond en avant, que diplomatique. Napoléon III assure aux Français qu'il faut la justice à l'intérieur et la paix à l'exterieur.  Mais la droite catholique et conservatrice, qui jusque là le soutenait, commence à voir d'un mauvais oeil l'ouverture à la concurrence internationale voulue par l'Empereur notamment avec les accords de libre-échange conclus avec l'Angleterre. L'Empereur perd petit à petit l'appui de cette bourgeoisie.
        En 1859, Napoléon III, lâché par sa droite, prend appui à gauche. Il
proclame l'amnistie générale le 16 août 1859, et le 24 novembre 1860 donne aux Chambres de nouveaux pouvoirs et rétablit un grand nombre de libertés individuelles. C'est le début de l'Empire libéral qui sera à nouveau plesbicité par les français. Les élections législatives de 1863 voient la montée en puissance d'une opposition hétérogène qui allie les catholiques déçus aux libéraux et républicains. L'union libérale obtient 40 sièges. Napoléon III nomme alors Emile Ollivier, son opposant de toujours, à la tête du gouvernement. Ensemble, ils vont réaliser de grandes avancées sociales : droit de grève, école des filles...

Emile Ollivier, artisan de l'Empire libéral

II-La Politique économique :

        Le Second Empire a permit à la France de rattraper son important retard économique. Rapidement, elle devint l'une des premières puissances européennes. Nombreux sont ceux qui parlent alors d'un miracle économique.
        Pour financer le chemin de fer, l'Empereur propose un taux d'intérêt à 3%. Le succès de l'opération est immédiat. En quelques mois, le réseau entier de chemin de fer est financé ! C'est alors que se forme un nouveau capitalisme français, plus dynamique, autour de l'Empereur. Le Crédit Mobilier est créé en 1852 par les frères Pereire, proches de Napoléon III et avec sa bénédiction, pour proposer des crédits très peu chers. De toutes parts partirent les grands chantiers : le Canal de Suez, les chemins de fer multipliés par quatre entre 1852 et 1870, les grands chantiers parisiens inspirés de l'expérience anglaise de Louis-Napoléon et comandités par le Baron Haussmann.


Le Canal de Suez

         Les accords de libre-échange conclus avec l'Angleterre et l'Italie aggrandissent le marché et permettent une croissance continue et l'augmentation des exportations.
          Bien que ralentie vers la fin du Régime, l'économie fut donc fortement relancée et c'est de toute évidence à cette époque que la France se lança dans l'économie moderne.
        
III-La Politique étrangère :

         Souvent décriée, la politique étrangère du Second Empire a eu cependant plusieurs mérites : réunifier l'Italie, briser l'injuste Congrès de Vienne de 1815 qui partageait l'Europe sans tenir compte des nationalités, sauver l'Empire Ottoman de l'envahisseur russe, donner son indépendance au Mexique, et enfin, ce qui causera la chute du Régime, de participer indirectement à l'unité de l'Allemagne.
         La politique étrangère menée par Napoléon III s'appuyait sur plusieurs principes forts : marquer le retour des intérêts français en brisant les accords de Vienne, établir un réseau de pays européens amis avec l'Angleterre et l'Italie réunifiée notamment et donner satisfaction aux nationalités opprimées comme en Italie ou en Pologne.
         De tous les chefs d'états européens qui avaient réagi au retour d'un Bonaparte au pouvoir en France, le plus hostile était certainement le tsar de Russie. A titre anecdotique, au lieu de commencer sa lettre par le "Mon bon frère" de coutume entre souverains, il l'avait commencée par le plus froid "Mon bon ami". Napoléon III lui avait répondu courtoisement "Je vous remercie : en effet, les frères ont les subit et les amis on les choisit...". Ainsi, quoi de plus naturel pour l'Empereur que de s'engager militairement auprès d'alliés si chers que les Anglais contre le tsar lorsque celui-ci tente d'envahir l'Empire Ottoman en mars 1854 ? La guerre de Crimée se conclue par une victoire de Napoléon III à Sebastopol en 1855.


Guerre de Crimée

         Le Royaume de Piémont-Sardaigne, grand allié de la France, entretient alors par la voix du Comte de Cavour ses ambitions de réunir l'Italie après avoir chassé l'occupant autrichien. Trouvant là un moyen de venir en aide à un peuple opprimé tout en luttant contre ses ennemis jurés, les Habsbourg, Napoléon accepte. La France aidera l'Italie, et en échange, elle recevra Nice et la Savoie. En mai 1859, l'Autriche déclare la guerre au Piémont. Fidèle à ses engagement, l'Empereur Français entre en guerre contre l'Autriche et remporte la bataille de Magenta le 4 juin et celle de Solférino le 24 juin. Mais l'armée française a perdu beaucoup d'hommes et le Pape refuse de livrer ses terres à la nouvelle Italie.


Victoire de Solferino

         C'est à ce moment là que l'allemand Bismarck envisage d'attaquer l'Autriche. Aux rivalités entre les Habsbourg et les Hohenzollern s'ajoutent les ambitions d'une Allemagne divisée qui souhaite s'unir. Une telle perspective est redoutée en France car l'émergence d'un empire allemand peut s'avérer dangereuse. Mais Napoléon III ne souhaite pas s'opposer à l'union d'un peuple en une même nation. Il reste donc neutre dans ce conflit au grand dam de l'opposition française qui ne peut s'empêcher d'imaginer un danger outre Rhin si la Prusse gagne. Le 3 juillet 1866, la Prusse bat l'Autriche à Sadowa.
         La Campagne du Mexique avait bien commencé. Français, Britaniques et Espagnols avaient renversé le pouvoir du président Juarez qui refusait de leur payer ses dettes et Napoléon avait placé l'archiduc Maximillien de Habsbourg sur le trône. Mais le retrait des Britaniques et Espagnols, le financement américain de la rebellion et l'urgence de ramener les soldats français en France, suite à la montée en puissance de l'Allamagne amènent au désastre : en 1867, l'Empereur Maximillien est renversé est fusillé. C'est une grande défaite pour l'Empereur français qui ne peut désormais plus compter sur l'aide de l'autriche en cas d'offensive allemande.

Maximillien de Habsbourg, Empereur du Mexique

          Bismarck profite alors de l'affaiblissement de la France pour lancer l'ultime provocation : il présente Léopold de Hohenzollern comme candidat au trône d'Espagne. Pour l'opinion publique française, c'en est trop. Le peuple et la presse réclament la guerre à l'Empereur qui, affaibli par la maladie et à la tête d'une armée désorganisée finit par déclarer la guerre à l'Allemagne le 19 juillet 1870. La stratégie de Bismarck a gagné : il sait qu'une guerre contre la France achèverait d'unir l'Allemagne. L'armée française aux ordres du général Mac-Mahon est écrasée à Sedan  le 2 septembre 1870 par une armée allemande nombreuse, vigoureuse, moderne et organisée.


Napoléon III et Bismarck

          L'Empire allemand est proclamé le 18 janvier 1871 dans la galerie des glaces à Versailles. La France perd l'Alsace-Lorraine et voit son ennemi juré renaître victorieux. L'Empereur mourant est fait prisonnier en Allemagne. C'est la chute du Second Empire.

         
Proclamation de l'Empire allemand dans la Galerie des Glaces à Versailles